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E-carburants

  • Photo du rédacteur: Colomban Monnier
    Colomban Monnier
  • 8 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


l’Europe face au défi de la souveraineté énergétique


La transition énergétique du transport maritime redessine la carte mondiale de l'énergie. Si les coûts de production des électro-carburants favorisent les pays du "Sud Global", l'Europe et ses ingénieurs ont une carte maîtresse à jouer : celle de la technologie et de la structuration des filières. Analyse d'un défi qui dépasse la simple importation de molécules.

Pour atteindre les objectifs de décarbonation, nous devrons produire entre 70 et 100 Mtoe (millions de tonnes équivalent pétrole) de carburants bas carbone d'ici 2030[1]. Le e-méthanol, l'e-ammoniac ou l'e-kérosène seront les piliers de cette révolution. Mais une réalité économique s'impose : ces carburants nécessitent une électricité renouvelable abondante et bon marché.


L’équation économique : contrainte ou opportunité ?


L'étude de MGH Energy sur le Potentiel Mondial met en lumière un différentiel de compétitivité majeur. Produire un MWh d'électricité renouvelable pour ces carburants coûte environ 41 € dans les zones très ensoleillées et venteuses (Chili, Australie, Afrique du Nord), contre près de 85 € en France. Pour produire un seul TWh de e-carburant sur le sol national, il faudrait mobiliser plus de 300 millions d'euros de subventions sur dix ans.

Faut-il pour autant céder au pessimisme et voir l'Europe comme un simple importateur dépendant ? Non. Cette disparité crée une opportunité d'ingénierie financière et industrielle inédite. L'Europe, via des mécanismes comme le Global Gateway ou les "Corridors Verts", a l'opportunité d'exporter son savoir-faire technologique (électrolyseurs, unités de synthèse, capture du carbone) pour co-développer ces capacités de production à l'étranger. Une nouvelle alliance Nord-Sud gagnant-gagnant !


Des solutions pour une souveraineté repensée


La souveraineté ne résidera pas uniquement dans la production locale, mais dans la maîtrise de la chaîne de valeur et la sécurisation des approvisionnements[2]. Cela passe par des contrats d'achat long terme et des partenariats industriels solides. De plus, une production de "niche" à haute valeur ajoutée reste pertinente en Europe pour sécuriser des usages stratégiques ou de cabotage, en s'appuyant sur le nucléaire ou l'éolien offshore, comme le suggèrent les scénarios de mix énergétique.


Opportunités pour la nouvelle génération


Pour les jeunes ingénieurs et les écoles de commerce, c'est un appel d'air formidable et une opportunité de construire un avenir durable.

Le secteur a notamment besoin de :

·         Chefs de projets industriels, capables de monter des usines de production dans des environnements internationaux complexes.

·         Experts en supply chain énergétique, pour concevoir les nouvelles routes logistiques de ces carburants (transport, stockage portuaire, avitaillement).

·         Négociateurs et juristes pour structurer ces contrats d'approvisionnement inédits entre nations, armateurs et énergéticiens.

·         Marins, pour piloter, maintenir et opérer des navires complexes mais toujours plus stratégiques.


Loin d'être une fatalité, cette nouvelle géographie de l'énergie est une chance pour la jeunesse européenne de se projeter à l'international. Il ne s'agit plus seulement de faire naviguer des navires, mais de construire l'infrastructure énergétique qui les propulsera et qu’ils contribueront à maintenir. C'est un défi d'ingéniosité et de diplomatie technique qui attend les futurs cadres du secteur.


Professionnelle de l’ingénierie maritime sur un site industriel, avec énergies renouvelables et transport maritime en arrière-plan.

[1] Rapport Maritime Forecast to 2050 (2025) du DNV

[2] Note de position Armateurs de France « Levier de décarbonation des navires »

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