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Maritime : la grande mise à jour des compétences

  • Photo du rédacteur: Colomban Monnier
    Colomban Monnier
  • 2 mars
  • 2 min de lecture

On parle beaucoup de navires prêts pour l'avenir, mais qu'en est-il des équipages ? La technologie la plus avancée est celle qui possède la plus grande marge d’indétermination[1]. Elle ne vaut donc rien sans des hommes et des femmes compétents pour la mettre en œuvre et la gouverner. La transition énergétique crée un appel d'air sans précédent pour la formation et la montée en compétence.

Environ 33 000 marins devront être formés spécifiquement aux nouveaux carburants d'ici 2028[2]. C’est plus de 2 fois l’ensemble des marins de commerce français, et ce n'est que le début. L'arrivée de l'ammoniac, du méthanol, de l'hydrogène, des batteries haute tension, du nucléaire [propulsion nucléaire navale et décarbonation du transport maritime] ou des systèmes véliques [Propulsion vélique : quand l'art de la navigation est réinventé] complexes redéfinit le référentiel de compétences du marin du XXIe siècle.


Une élite technique maritime


Ces nouveaux carburants comportent des risques inédits : toxicité létale pour l'ammoniac, risques cryogéniques et d'explosion pour l'hydrogène. Maîtriser ces risques ne s'improvisera pas. Cela demandera une formation pointue, rigoureuse et certifiée, autant pour opérer ces systèmes que produire (en chantier naval) et les maintenir.

Pour les jeunes qui entrent dans la carrière, c'est une opportunité de se différencier. Se spécialiser dès maintenant dans ces technologies, c'est s'assurer une place de choix sur les navires les plus modernes et les plus sûrs. C'est aussi l'opportunité de valoriser un bagage technique très différent de celui du passé : chimie, thermodynamique avancée, systèmes automatisés. L'officier de demain sera autant un gestionnaire de systèmes complexes qu'un navigateur. Mais en mer, on le sait, cette capacité à piloter la technologie ne peut se faire au détriment du sens marin.


L'ingénierie de la formation : un secteur en ébullition


Cette révolution des compétences crée aussi des opportunités à terre. Les centres de formation, les écoles (comme l'ENSM en France) et les entreprises privées ont un besoin immense d'ingénieurs pédagogiques, de formateurs, de chercheurs.

Il faut tout inventer : les simulateurs de nouvelle génération, les programmes de cours, les méthodes d'évaluation, celles d’audit et de certification. Dans une étude sur les navires autonomes (MASS), Lloyd’s Register insiste sur l'évolution du rôle humain vers la supervision. Apprendre à superviser des automates, à gérer l'imprévu quand la technologie fait défaut, à maintenir une conscience de la situation[3] au travers d'écrans : voilà les défis pédagogiques passionnants qui attendent ceux qui voudront transmettre.


Une filière d'excellence


La France, avec son Livre Bleu et son écosystème maritime structuré, a l'ambition d'être leader sur cette formation aux transitions. Pour les jeunes diplômés, qu'ils soient navigants ou ingénieurs, s'investir dans ce capital humain est un pari gagnant. L’esprit d’équipage doit être renforcé par la transition technologique, non diminué. La réduction de l’impact du secteur maritime est une aventure technique, mais c'est avant tout une aventure humaine qui a besoin de nouveaux talents pour s'écrire.


[1] Du mode d'existence des objets techniques, 1958, Gilbert Simondon

[2] DNV Maritime Forecast 2025

[3] En anglais : situational awareness

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